Que peut-on retenir de la carte postale érotique

Dès son origine, la photographie a été utilisée pour la production de nus dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’étaient pas tous artistiques. Ce sont les proches des photographes, ou des modèles habituées à poser pour des peintres ou des sculpteurs, ou encore des prostituées, qui présentaient leurs charmes et,ou leurs appas devant l’objectif.

Les années 1900 marquent un certain âge d’or de la photographie érotique, mais les images circulent sous le manteau et les photographes sont contraints à une certaine discrétion.
La relative permissivité qui régnait au début du XXe siècle a permis le développement de tout un commerce de cartes postales érotiques, que l’on envoyait tout de même discrètement sous plis cachetés. Des photographes comme Jean Agélou ont mis ainsi sur le marché des milliers d’images de nu ou de « charme », l’expression n’existait pas encore à l’époque. Ces images font aujourd’hui le bonheur des collectionneurs et des amateurs de curiosa (pour les non initiés, les collectionneurs et les bibliophiles désignent sous ce terme générique les objets, les œuvres d’art ou les livres relatifs à la sexualité et à l’érotisme).

On ne peut pas parler des photos érotiques sans évoquer Jean Angelou. Il est surtout connu pour les photos de nu qu’il réalisa au début du XXe siècle. Ses photos étaient signées « JA » et l’un de ses modèles favoris était connu sous le nom de « Fernande ». Nous parlerions aujourd’hui de « photographe de charme », catégorie au demeurant fort mal définie et non dénuée d’ambigüité.

Il a fallu longtemps pour que l’on découvre le véritable auteur, né en octobre 1878 de parents vivant à Alexandrie. Après avoir publié ses clichés dans la revue « L’Étude académique », publication théoriquement réservée aux artistes et qui comptera jusqu’à 20.000 abonnés, il devint son propre éditeur de cartes postales. On dit que ses œuvres, susceptibles de remonter le moral des troupes, ont facilement traversé la censure pour circuler dans les tranchées, lors de la première guerre mondiale.

Les mœurs ont bien changé au fil des années. Curieusement, l’âge des modèles, de 20 à 24 ans, est toujours mentionné. L’une des modèles n’a que 14 ans, ce qui sans doute choquerait à notre époque « moderne » et vaudrait à l’auteur les foudres de la justice. À cette époque, pour respecter la loi du 16 mars 1899 et celle, plus contraignante, du 7 avril 1908 (les ligues de vertu ont frappé), les revues érotiques sont vendues ou expédiées sous enveloppes cachetées. Elles cachent en réalité la vente par correspondance de cartes postales « coquines » qui souvent témoignent d’une grande complicité entre les modèles, probablement très intéressés par les bénéfices, et les photographes.

Par le jeu de l’autocensure, le nu intégral disparaît au milieu de l’année 1908 de toutes les revues ; les images en stock sont retouchées, un voile pudique ou une petite culotte providentielle sont ajoutés et le pinceau des retoucheurs fait disparaître les poils pubiens. On ne les reverra qu’au début des années 1970, sauf au Japon où ils sont toujours interdits et, naturellement, dans les pays soumis à l’obscurantisme religieux et qui ne sont que les royaumes de l’hypocrisie.

Jean Agélou est mort dans un accident de voiture avec son frère Georges, à l’âge de 43 ans. Georges s’occupait des aspects commerciaux et Jean, de la recherche des modèles et, bien sûr, des prises de vues. Les photographies étaient faites en studio et en lumière naturelle, les toiles de fond étaient dues à des peintres qui réalisaient, sur demande, tous types de décors.
Il faut louer la persévérance de Christian Bourdon et Jean-Pierre Bergeron, grands collectionneurs de cartes postales, qui se sont efforcés de constituer une monographie aussi complète que possible sur cet intéressant auteur.(Source Wikibooks)
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2 Réponses to “Que peut-on retenir de la carte postale érotique”

  1. Mark Eaton Says:

    Those photographs are very nice finds and illustrate well the erotica theme. Excellent compositions and processes.

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